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dimanche 30 novembre 2025

Exposition de peinture du 3 au 15 décembre 2025

J'ai le plaisir d'exposer mes aquarelles à la Galerie Beauté Du Matin Calme.
N'hésitez pas à venir les découvrir. 

 

 

Prochaine exposition à la Galerie Beauté Du Matin Calme avec six artistes à l’affiche : Gisèle Vial, Laurence Theulot, Bizette, Marie-Paskale Perrin, Cathy Dode et Barbara Marshall.

Le vernissage a lieu le 3 décembre de 18h à 21h et l’exposition se déroule du 3 décembre au 15 décembre 2025.

12 Rue Alasseur, VILLAGE SUISSE, Place de Lugano, 75015 Paris
www.bdmc.com - 06 77 81 27 11

Infos pratiques

11h-18h30 du jeudi au lundi 
        sauf dimanche 14h-18h30 
        fermé le mardi et mercredi
        54 Avenue De La Motte-Picquet, 75015 Paris
Gratuit
0677812711
 https://www.leparisien.fr/etudiant/sortir/paris/eve-exposition-collective-1763644284529/
 

 

 

mardi 7 janvier 2025

Vœux d'espérance

Une nouvelle année démarre, et avec elle son cortège de souhaits, de résolutions, et de projections dans un avenir plus ou moins proche. Si je devais résumer en un mot, oui vous avez bien lu, un seul mot, ce que je vous (nous) souhaite, ce serait l'espérance. 

Ces dix lettres qui contiennent espoir et délivrance, nous entraînent vers la réalisation grâce à la confiance dans des jours meilleurs, ou en tout cas aussi bons que ceux qui les précèdent. Et cette confiance, n'est-ce pas là l'essentiel pour attendre ce qui adviendra ? Qu'il fasse nuit noire, orage ou désespoir, la conserver pour traverser les zones de turbulences. Et lorsque le cap est clair, et le calme installé, conserver le plus longtemps possible cet état d'esprit.

Vœux d'espérance à toutes et tous en 2025 !

 

 

 

mercredi 8 novembre 2023

Blessure de sable et les textes réapparus

Certaines de mes nouvelles, publiées dans l'excellente revue de l'Abat-jour, sont désormais accessibles à la lecture sur écran. Je reste persuadée qu'il ne s'agit pas du format idéal pour voyager. La lecture nous transformant en voyageurs immobiles, à travers des voix multiples, dans des allers simples aux destinations infinies. Je reste attachée au papier, qui se corne, s'annote, se dédicace, s'use, mais aussi qui se respire, se renifle, s'effleure, et j'en passe, vous avez compris l'idée.

Néanmoins, pour revenir à mes textes,  cela évite leur amnésie complète , et me permet de retrouver certains personnages qui avaient déguerpi de mon paysage mental depuis un bout de temps. Dans ces retrouvailles particulières, il y a comme un goût de reviens-y, une invitation à s'y remettre alors que la période écoulée a été particulièrement difficile pour l'auteur que je suis, pour des raisons personnelles (que je ne partagerai pas sur les réseaux sociaux ha ha). 

Blessure de sable, dans sa version numérique m'éviterait donc de mordre la poussière accumulée, et de retrouver le désir de croquer la page immaculée ? Pourquoi pas ? L'histoire évoque bien une forme de résilience ainsi que les méandres de la mémoire, qui continuent de faire écho aujourd'hui. 

Je vous conseille bien sûr la lecture de l'ensemble de ce numéro dont le thème était : Trésors et trouvailles.


Lire le texte sur écran (page 58)


samedi 17 avril 2021

Un printemps empêché

Le gel vient de causer des dégâts énormes. Tandis que les arboriculteurs et les viticulteurs en constatent l’étendue sur les bourgeons et les fleurs, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec la culture, celle que l’on affuble souvent d’un grand C. Les cultures souffrent, la culture dépérit, des pans entiers de notre société sont touchés par un retour de manivelle dramatique, une vague terrible, qui fait très mal.

On aime parler de redoux parce que ce mot sonne à l’oreille comme une promesse enfantine d’une chaleur rassurante et naturelle. Comment qualifier ces soubresauts violents d’un hiver qui a figé nos réunions de famille, nos fêtes, nos rituels et qui, trop souvent a pris des vies et des promesses ? Le printemps tarde à s’installer. Sans doute laisse-t-il percer de-ci de-là des tâches de couleurs et de lumière, mais sa vulnérabilité reste palpable. Surtout, chacun a bien conscience qu’un coup de gel suffirait pour que la vie s’arrête dans un hoquet. 

 

 

Le monde de la culture est en panne depuis plus d’un an, empêché dans l’exercice de son art. Le froid glacial a tué certains artistes aussi sûrement qu’un arrêt du cœur. L’horizon n’est guère encourageant lorsque l’on est qualifié de non essentiel… Et pourtant, lequel d’entre nous se satisfait de sa seule fenêtre ? Celles et ceux qui ouvrent les lucarnes, qui repoussent les frontières imaginaires, qui tissent inlassablement ces liens invisibles entre humains, restent pour la plupart interdits. Leurs voix ne nous hissent plus dans la stratosphère, leurs vibrations ne créent plus ce sentiment d’appartenance à une seule humanité. Volontairement, je n’évoque pas la culture en boîte, bobine ou « replay » qui, sans rassasier, nous pose un sparadrap sur le manque et nous file un coup de blues lors de la digestion, nostalgie oblige.

Ce qui nourrit chacun d’entre nous, qu’il en soit conscient ou non, court un danger mortel. Plus que tout autre, l’art du spectacle vivant risque de crever. A ce titre, l’occupation de certaines salles de théâtre devrait nous alerter. Le désespoir des comédiennes et comédiens rejoint celui des étudiantes et étudiants ; c’est l’ensemble d’une jeunesse empêchée qui s’éteint à petit feu ou rue dans les brancards. Quelle société laisse dépérir la diversité de ses graines d’avenir ? Quelle dystopie privilégie la consommation de masse au détriment de la créativité ? Si la culture est ce qui nous permet de penser (panser) autrement, l’uniformité nous guette.

Qu’il soit levier révolutionnaire, moteur de floraisons, ou source d’histoires d’amour, le printemps représente une force puissante de renouveau. Une force sans laquelle nous ne pouvons vivre.

 

Barbara Marshall

 

https://www.youtube.com/watch?v=yP_zFVHtcFo

 

mardi 2 mars 2021

Le virus fait l'union !

Pendant la prolifération des replis qu'ils soient identitaires ou non, sur nos frontières, il est grand temps de voir la pandémie sous un autre angle. Si les multiples conséquences néfastes sur nos vies quotidiennes font l'antienne des médias, rares sont les plumes acerbes, les regards un peu distanciés par rapport à tous les évènements qui se succèdent depuis un an déjà. Une année de vie constellée d'injonctions paradoxales et de restrictions à nos libertés, pour une bonne cause que je ne cherche pas à remettre en question ici. 

Or, ce qui nous est tombé dessus n'est ni l'invasion extra-terrestre hostile de Mars Attacks! ni la collision d'une énorme météorite, mais une catastrophe d'une ampleur planétaire due à un être vivant terrestre microscopique. Oxymore remettant en cause notre suprématie sur le règne de la nature, cette nouvelle menace - dont nous sommes responsables par la déforestation et le dépeuplement des autres espèces, vient comme un retour du refoulé nous rappeler notre appartenance à ce monde biologique. Celui-la même que nous devrions protéger et chérir au lieu de le détourner à notre seul usage. Mais certains rappels sont douloureux - si cela évoque pour vous l'injection d'un vaccin, ce n'est pas intentionnel de ma part, leur point commun est d'être indispensable pour que la vie continue. Rappels de l'histoire humaine jonchée d'épidémies de peste, de grippe et de choléra, jalonnée aussi de formidables découvertes qui ont augmenté l'espérance de vie dans nombre de régions du monde, pas toutes malheureusement. 


Ce virus se rappelle donc à notre bon souvenir, pas seulement à celui de l'évolution au cours des siècles mais aussi à celui d'une appartenance à une espèce : l'espèce humaine. Puisqu'il ignore la couleur de la peau, l'appartenance ethnique ou religieuse, la nationalité ou l'origine, le sexe ou la classe sociale, il nous renvoie à notre impuissance semblable face au fléau ! Oui, nous sommes tous égaux et tous différents. Mortels, et encore vivants ! Alors il devrait nous rapprocher et faire de la fraternité et de la solidarité les maîtres mots en ces temps de crise prolongée. Ce qui nous relie en ce moment sur tout le globe touche à la partie sensible de notre humanité. 
Les traitements quels qu'ils soient, avec une priorité pour les vaccins, devraient être accessibles à tous nos semblables. Un véritable élan envers nos frères et soeurs d'infortune est la vraie réponse, la seule acceptable pour ne pas trahir notre propre espèce. Aucun pays pauvre ne devrait être mis de côté ou livré avec des délais indécents. La force de l'humanité est dans la créativité, l'ingéniosité. Trouvons les solutions ensemble pour protéger et soigner toutes les populations. Le virus fait l'union si nous le voulons.

Barbara Marshall

Découvrir COVAX : collaborer pour un accès mondial et équitable aux vaccins contre le virus de la COVID-19


lundi 21 septembre 2020

Sidération

Des mois que ça dure. Je ne m’en rendais pas compte. Des mois que les paupières tressautent le matin dans une valse hésitation entre prolongement de la nuit et aube. Un état qui permet de se mouvoir, d’interagir, d’effectuer les opérations les plus courantes. Quelque chose me gêne au tréfonds, un quelque chose visqueux qui refuse de partir jour après jour, à chaque réveil. L’air que je respire a changé lui aussi. Il entre moins librement dans mes poumons. Cette impression de vivre dans un nuage étouffant. Difficile de nommer tous les détails qui se sont modifiés sans que pour la plupart, je le remarque tout de suite. On parle d’écosystème dans la Nature mais pour chaque être humain, c’est le microcosme dans lequel il évolue, qui joue office de décor. Du ressenti du matin jusqu’au premier contact social (ou sexuel), les soi-disant détails conditionnent le déroulement d’une journée.

Il y a les détails normaux, ceux que l’on ne relevait pas avant, et ceux qui ont muté (eux aussi) dans leur perception. La vibration permanente de la ville par exemple se fait pesante. Cette matérialisation bruyante de l’activité humaine envahit l’espace, avec des pics douloureux au matin ; concertos de marteaux, perceuses, symphonie de klaxons. Orchestrations folles des chantiers qui reprennent tous en même temps, des circulations de véhicules en tous genres dans un Paris déserté par les touristes. L’encombrement du marché en plein quinzième arrondissement de Paris est pour sa part rassurant, les gens circulent masqués mais se reconnaissent de part et d’autre des protections en cellophane. Tout au plus, manque-t-il quelques étals par ci par là. On voit moins de vieux aussi. Où sont passées les silhouettes courbées, à la démarche lente et au cabas usé ?

« L’après » m’a sonné. Ni révolution verte ni remise en cause de nos modes de consommation, l’après confinement se borne à prolonger le malaise sur le terrain social. Distanciation et masques nous transforment malgré nous en personnes lointaines, peu accessibles. Et force est de constater que les échanges, tous les échanges se sont ralentis, dans un tsunami planétaire qui nous prend de court. Etres sociaux par définition, les êtres humains en ont autant besoin que de nourriture et d’eau. Et nous voilà sevrés, ou en tout cas sévèrement restreints en sociabilité ! Les cercles se clairsèment, les pieds se cantonnent aux autocollants des trottoirs, les mains se frottent pour étaler le fameux gel hydroalcoolique dont la plupart ignoraient l’existence il y a encore quelques mois. « L’après » a sonné le glas des embrassades spontanées, des poignées de mains vigoureuses ou molles. Il installe la sidération. Pour combien de temps ?

 


jeudi 30 avril 2020

Lettre aux lendemains




À l’heure où nous redécouvrons des évidences telles que la place centrale de la santé – et pas seulement dans les vœux de bonne année, le rôle indispensable de tous les personnels soignants, aidants et accompagnants, la place des travailleurs invisibles du quotidien, sur les routes, derrière les caisses ou les comptoirs, aux cuisines etc. Je dis oui, nous avons besoin les uns des autres ! Oui, la solidarité est la seule réponse face à une catastrophe quelle que soit sa nature. Elle doit inclure les plus fragiles et les plus démunis dans cet élan indispensable à la survie d’une société digne de ce nom.
À l’heure où nous ignorons l’ampleur réelle de la vague de décès et de douleurs, je voudrais apporter mon éclairage non pas sur le confinement ni sur les ravages de cette pandémie, mais sur les lendemains auxquels j’adresse cette lettre. En effet, ces mots sont d’abord à destination des jeunes, et de ces générations auxquelles les aînés ont laissé des questions repoussées toujours à plus tard.

Face à aux inquiétudes suscitées par une Histoire qui déchante, vous avez la capacité et le devoir de porter haut le flambeau de vos espoirs. Le moment est venu pour vous de les préserver et de les faire advenir. Je n’ai malheureusement pas de recette magique, mais quelques pistes pour vous y aider.
Tout d’abord, cherchez votre bonheur. Je ne parle pas de cette forme de passivité lascive devant un écran quel qu’il soit, je vous parle d’un peu de soleil dans le cœur, de l’étincelante légèreté de l’air et de l’évidence d’un moment. Ces fulgurances si précieuses qui vous construisent et que vous gardez au fond de vous, cultivez-les. Elles sont les passerelles vers vous-mêmes.
L’enjeu à venir n’est pas seulement écologique, social, économique, il réside avant tout dans nos représentations individuelles et collectives du réel. Alors évidemment, il ne se présente pas en tant que tel, il faut décrypter, et pour décoder, la maxime grecque n’a pas pris une ride « Connais-toi toi-même » ! Ne laissez pas vos désirs ou vos idées se retourner contre vous. Respirez, méditez, priez s’il le faut, mais gardez à tout prix cet espace intérieur qui appartient à vous seul. C’est à cette condition que vous pourrez trouver la beauté du monde. Ce qui vous aspire dans sa joie, ce qui vous inspire de l’enthousiasme, de l’amour, de l’amitié, toutes ces balises sur votre route vous conforteront dans vos choix.
N’ayez pas peur des discours de vos aînés, vous êtes ce qu’ils ont fait de mieux. Les idées de progrès et de richesse ne leur appartiennent plus depuis longtemps. Ne craignez pas les critiques, les jugements péremptoires, allez de l’avant vers ce qui vous apparaît juste. La beauté du monde se trouve partout, mais seul votre regard vous permet de la découvrir. Certains artistes vous y aideront par les mots et les sens. Cependant, vous seuls pouvez aller vers elle en écartant l’inutile et le nuisible. Comprenez-moi bien, il s’agit d’un mouvement qui part de vous, et qui vous guide dans les temps obscurs tel une source de lumière.
Vous irez alors sur vos propres chemins en construisant vos espoirs sans les trahir. D’autres vous rejoindront, vous serez nombreux, je l’espère, pour tisser cette nouvelle toile. La culture n’est rien d’autre que ce qui nous relie dans cette beauté du monde. Je vous fais confiance pour semer à votre tour des graines d’espérance.


Barbara Marshall 

Cette lettre a été publiée dans la revue Litzic le 27 avril 2020

jeudi 2 janvier 2020

Et vint 2020 ! Voeux de Scriptaire



Avant qu'il ne soit, 
On le rêvait ou le redoutait,
Certains s'en foutaient, cela va de soi,
D'autres s'en servaient pour vendre du vent,
C'en était presque indécent.

Et vint 2020 ! 
Rond et plus doux que l'éternité,
Paré des attributs de la nouveauté,
Duo et le néant, en doublon,
Et cela en dit long...

Meilleurs Voeux !
De l'amour pour deux,
Pas trop de sérieux,
Explorez parfois l'immensité du zéro mystérieux,
Et rêvez souvent à l'infini étoilé des cieux.

mardi 1 janvier 2019

Traits joyeux pour 2019


Le Scriptaire, en panne d’inspiration, souhaitait clore l’année 2018, et entamer 2019, d’un trait d’un seul, mais alors, le mot « trait » s’est mis à résonner d’une étrange façon… Pas si simples les vœux comme chacun sait… Qu’est-ce qu’un trait si ce n’est un petit bout de ligne ridicule? Une voix gutturale comme issue des profondeurs de la Terre s’est élevée, indignée : «C’est surtout une promesse d’horizon, et son amorce esquissée ! »
Redécouvrir ce mot à l’aulne de la sagesse antique devint une priorité afin d’adoucir le courroux mystérieux. Ce n’était pas la première fois que le Scriptaire faisait appel à l’archéologie linguistique pour mesurer le décalage moderne de certains concepts. Le monde de la Grèce antique ne lui avait-il pas été révélé par l’amour, enfin par ses dix manières de dire l’amour, ou plutôt de l’écrire, de la porneia (amour appétit) à l’agapé (l’amour gratuit) ? S’élevant ainsi dans l’échelle éthérée de la sémantique, on reste grisé et marqué à vie !
Toujours est-il que le Scriptaire dénicha l’expression « lancer un trait » qui en un seul verbe regroupe l’usage d’un javelot ou d’une lance. Parmi les Hoplites (infanterie lourde), les Peltastes (infanterie légère) ou les troupes légères, les Grecs de ces temps révolus utilisaient une arme de forme oblongue pour fendre l’air jusqu’à leurs adversaires. Ce qui est intéressant dans ce cas précis, est la formulation synthétisant à la fois la description de l’arme et la nature de sa trajectoire en ligne droite. Le trait dessine de manière concrète l’intention de l’assaillant, en aboutissant ou pas à sa destination finale et en traduisant à la fois la motivation et la dynamique de l’action. En français, le « lanceur de javelot » est réduit à un élan initial et à un outil, en l’occurrence le javelot, et perd de ce fait le mouvement global. Comme si, en spécifiant l’objet, la langue gommait le trajet et la vision suspendue dans les airs qui se retrouve dissoute par trop de précision.
Le mot « trait » se retrouve dans le monde contemporain avec une diversité étonnante dans bien d’autres domaines que celui de la guerre. Trait qui sans être physique peut heurter, vexer ou amuser avec un trait d’esprit, d’ironie, de moquerie ou d’humour. Lorsqu’il est voisin du sarcasme, le trait devient agressif, non sans rappeler la fameuse lance du soldat grec de l’Antiquité, tandis que le trait d’union nous emmène en pleine image d’union justement, qu’elle soit syntaxique entre un verbe et un pronom, ou lexicale. Le trait au sens de tracé se retrouve avec le dessin, la rature, ou en plein visage…
Le Scriptaire se perdait dans une jungle de traits quand la voix tonna à nouveau : « Le geste ! Le geste ! » Ce qui eut pour effet immédiat une perplexité statufiée. Que signifiait ce nouvel impératif ? L'aspect visuel était-il moins important qu'il en avait l'air ? Un déclic se fit enfin jour chez le Scriptaire : l'alliance du geste et de sa représentation donnait le trait ! le geste n'était-il pas le mouvement, et donc la vie et le temps qui passe ? Mais quel était le rapport avec les vœux ? 
Peut-être l'image d'une porte au seuil du Nouvel An en aurait-elle aidé plus d'un dans la compréhension de ses représentations ? A chaque changement calendaire, nous aimerions tirer un trait sur le passé, et pour ce faire, nous visualisons un passage vers chacune des années qui viennent comme si la dynamique spiralaire du temps pouvait soudain s’aplatir en deux dimensions : l’avant et l’après ! Nous oublions alors le geste, l’élan qui nous a conduit là où nous sommes. Le trait représente dans le même temps le mouvement et la main qui l’accompagne.
Comment les Vœux pour la Nouvelle Année 2019 pouvait-ils naître de toutes ces considérations ? En lançant des traits au travers de cette ouverture singulière, comme autant d’intentions fortes dans nos trajectoires de vie. « Merveilleuse Année 2019 ! » entendit alors le Scriptaire, avant de vous souhaiter une magnifique impulsion d’énergie et d’amour vers les jours à venir. 


mercredi 16 mai 2018

Mémoire de l’écrit et évanescence

Hier, je suis allée chez le notaire. Non pour une histoire de famille mais pour être témoin d’une autre histoire, d’une autre famille… J’ai découvert et lu un acte projeté sur un mur, puis j’ai signé le document avec un stylet sur un autre écran intégré à un petit support carré amovible. Le gain de temps par rapport à la signature classique d'un acte notarié m’a frappée, et le clerc, très fier de ce système, nous en vantait tous les mérites tout en évoquant le manque de recul. Nous avons discuté des premiers actes de propriété, provenant du bassin méditerranéen il y a plus de deux mille ans et qui évoquaient les crus du Nil !  Un sacré recul pour ces tablettes de pierre gravée… L’archivage papier a aussi fait ces preuves malgré quelques ratés par le feu ou l’eau ; j’ai en particulier le souvenir d’archives hospitalières n’ayant pas résisté aux crus de la Seine.
Pourtant, je me suis dit que les faussaires de tous acabits, les truqueurs des temps modernes, avaient de beaux jours devant eux : le document n’est plus paraphé sur toutes ses pages, la signature numérique n’est finalement qu’une image de plus, et surtout, l’archivage se trouve ailleurs, pas dans un « cloud », nous a assuré le clerc, ailleurs quand même… Un acte « authentique », c’est-à-dire reconnu par la Loi, se retrouve mystérieusement dématérialisé et dès lors que le processus enclenché aboutit, la preuve de sa réalisation se situe dans un hangar numérique ? Sous prétexte de technologie et de progrès, nous acceptons donc d’externaliser notre mémoire ?

Mon sentiment de malaise persistant, je me suis interrogée aussi sur la place de l’écrit dans ce nouveau système, et elle m’a semblé en péril. L’évanescence de la trace ! Un notaire reste après tout une référence en France pour ce qui est de la garantie des informations. Le même jour, un ami me demande de modifier mon commentaire sur une publication sur Facebook, ce que je fais car il était trop incisif. Au final, j’efface totalement la phrase que j’avais écrite quelques heures auparavant. Evanescence encore ! L’écrit qui auparavant assurait une forme de pérennité à la pensée serait menacé, non de disparition mais de perte de stabilité. En tout cas, ce n’est pas l’évanescence de l’écrit qui pose problème, mais bien plutôt l’idée de mémoire fiable au cours du temps. Je n’ai pas les réponses sur l’évolution de notre civilisation alors que les questions foisonnent. La numérisation glorifiera-t-elle la mémoire des vainqueurs en effaçant celle des vaincus ? Les fake news prendront-elles une envergure incontrôlable ? La question de la mémoire individuelle et collective est au centre de l’Histoire et ses implications nous projettent au cœur du 21ème siècle. Nietzsche n’écrivait-il pas (oui, on le sait parce qu’il écrivait sur une feuille de papier !) : « L'homme de l'avenir est celui qui aura la mémoire la plus longue. »

Barbara Marshall

lundi 26 mars 2018

La voix des airs

Emergence sans invite,
Aussi fragile qu'un chuchotement,
Parvenue sans adresse, au-delà des silences,
La voix des airs...
Au travers des bruissements, des frôlements,
Clame sa vérité fugace.  
Surgissant d'un continent de mystères,
Elle accoste aux rivages sans noms,
Alchimie des vent contraires,
Porte des possibles,
Pour déjouer du destin les contours,
Et puiser sans relâche l'amour...
Porteuse d'histoires,
Des vies invisibles,
Des espoirs indicibles,
L'inspiration énonce les mots, les cris, les rires, les chants,
D'un dialecte inconnu, d'une force singulière,
Aux graines des lendemains.


Barbara Marshall

dimanche 11 mars 2018

D'un espace à l'autre... pour rester libre de penser

Tout comme une virgule modifie la diction d'une phrase et par conséquent sa respiration, lorsqu'un mot est mis à la place d'un autre, l'ensemble du sens de la même phrase peut radicalement changer. Une architecture de base où mots et ponctuation forment un ensemble stylistique ? Un module porteur de signes ? La phrase est faite à la fois d'un rythme inhérent (le style de l'auteur) et d'une malléabilité réappropriée par son lecteur. Comme elle dépend également de ce qui l'a précédée et du contexte d'où elle surgit, sa compréhension est possible par une lecture rapide, voire escamotée. C'est là tout le mystère de l'écriture, qui réside dans des heures de composition, de travail, de sueur cérébrale mais dont la réussite, en fiction en tout cas, passe par un mouvement fluide dans l'imaginaire du lecteur.
Ce passage, à travers une page (ou un écran), d'une structure codifiée à une histoire créée mentalement par le lecteur a de quoi surprendre ! Et pourtant, nous le prenons pour acquis depuis Gütenberg. L'appropriation de la fiction, différente d'un individu à l'autre, caractérise la lecture de nouvelles, contes et romans, et transmet du sens à chaque lecture. Le récit n'est pas nécessairement linéaire, du moment que l'espace imaginaire qu'il génère, lui, demeure cohérent. A l'heure des télécommandes, des réseaux sociaux et de la pub, cet espace est plus que jamais nécessaire ; c'est celui d'une transmission, d'une pensée à une autre, d'un espace à l'autre. La magie de la littérature s'affranchit des temps et des lieux, elle opère un dialogue indicible et fait acte de culture en diffusant dans les esprits. Contrairement aux images assénées par la publicité, le récit requiert l'accord du lecteur et sa participation active. Il nécessite aussi que l'espace récepteur soit ouvert, et c'est sur ce point que nous devons rester vigilants collectivement. Les livres restent les meilleurs garants de notre liberté de penser...

Barbara Marshall

vendredi 23 février 2018

L'intention et la suite...

Aussi fragile qu'un fil de soie, aussi tendue qu'une flèche qui vient de quitter son arc, l'intention fend l'air vers une destination en construction. Paradoxe de ce mouvement aérien qui oscille entre détermination et fragilité puisque le moindre coup de vent, la moindre hésitation le fait dévier de l'objectif initial.
Il en est ainsi de l'écriture, comme de la vie, sensible aux soubresauts du quotidien, aux aléas de l'existence et aux interventions de l'extérieur, mouvante, fluctuante et pourtant mue par une force étrange. Du trajet naît la suite, mais cette suite ne saurait advenir sans l'intention de départ, sans le désir qui a initié le mouvement...

Barbara Marshall

mardi 13 février 2018

Le tunnel et le gruyère

Une idée qui chemine ressemble à une taupe ! Aveugle, elle progresse dans une galerie qu'elle se fabrique elle-même avec une vague intuition au sujet de la direction, sans repère objectif. Le petit animal au pelage si doux avance en grattant la terre, à l'origine de ces tertres si impopulaires auprès des jardiniers. Et l'idée, comment chasse-t-elle les obstacles qui lui barrent la voie ? Je crois qu'elle se construit un tunnel spécifique où elle prévaut sur le reste, l'environnement et d'autres préoccupations. Autrement dit, en cheminant, elle crée du vide autour d'elle afin d'émerger plus tard ou plus loin. 
Des idées peuvent se croiser, se percuter ou se confondre aux croisements, bifurcations et aiguillages de toutes sortes. Un vrai gruyère tentaculaire ! La différence avec la structure d'un réseau ferroviaire réside dans la souplesse inimaginable des idées ; doubles loopings, verticalité, et autres figures acrobatiques, tout est possible et même, l'idée de l'impossible !

Barbara Marshall

jeudi 26 janvier 2017

Les mots d'avant

    Les mots sont revèches, rebelles. Ils fluctuent d'un instant à l'autre, d'une intention à la suivante comme autant d'hirondelles sur un cable un jour d'avril. Trop de murs les font fuir aussi certainement qu'une explosion de dynamite et leur chant ne s'entend que dans un bruissement d'ailes. Trop de vent les disperse aux coins de la prairie lointaine. La liberté escomptée se solde alors par des fragments de discours... Entre captivité et dispersion poussiéreuse, il est possible d'en coucher quelques uns sur la rivière ivoire.
  Les mots indomptables forment le contingent des rêves par lequel l'auteur se reconstitue. Au-delà de l'absence, en dépit du bon sens et en arrière plan de toute volonté, cette chair molle, cette ossature invisible cherche à cracher son feu, malgré moi, malgré la signature. Certains filets en captureront des bribes, autant de brèches dans l'insondable.
   Mais les pires silences proviennent des mots d'avant, paroles enlisées, paroles d'exilés.  Ils ne s'effacent pas alors qu'ils refusent de s'inscrire. Ces mots indomptés s'emparent de leur auteur et en font pour toujours un scriptaire...

Barbara Marshall

mercredi 20 juillet 2016

Présentation de la dernière épreuve

La couleur interdite, recueil de dix nouvelles, est le fruit d'un cheminement littéraire de deux ans. Voici que l'une de mes créations pointe son nez à la lumière du jour : jolie promesse du mois de juillet pour la rentrée...
La première version de la dernière épreuve, autrement dit le futur recueil définitif vient d'arriver par voie postale, et j'en suis toute émue, d'autant que mon éditeur, La petite édition, a fait un travail soigné avec une couverture argentée mais sobre, ainsi qu'une belle mise en page. Il n'y a plus qu'à relire attentivement, corriger éventuellement, préciser le résumé etc. Ce que l'on appelle le "BAT", pour bon à tirer, est en effet le dernier jalon avant le dépôt légal à la Bibliothèque nationale de France.
Je prends une pause pour savourer cette étape de la publication, et peut-être en sourire : de nombreux autres projets se sont intercalés entre la première nouvelle de ce recueil et aujourd'hui mais tout comme une naissance, la finalisation d'une création génère de l'émotion chez son auteur. C'est à la fois un aboutissement et une séparation dans le processus créatif. 

A suivre...




samedi 6 février 2016

De sang et de souffle

Extrait du journal de bord

Au sujet de l’inspiration…

On croit souvent que l’inspiration est faite d’air, voire de courant d’air, qu’elle est charriée par un souffle aux attributs divins dont celui d’entendre la muse… Si je vous disais que l’inspiration est aussi faite de sang, de tripes et de boue, et de biens d’autres choses invisibles à l’œil nu ? Vous auriez peut-être un léger mouvement de recul… Puis vous vous demanderiez comment c’est possible. Comment la transparence de l’air pourrait-elle être compatible avec la chair et la terre, toutes deux susceptibles de dégouliner sur les pages blanches ?
C’est qu’il faut être traversé pour recevoir le végétal et l’organique sous toutes leurs formes. La réceptivité est indispensable pour capter sang, sueur et autres liquides plus ou moins odorants, pour les transformer grâce à un processus alchimique en encre et en signes. Autrement dit, point de création littéraire sans une bonne dose de souffle. Cet air qui balaie les scories de la routine et des mauvais plis pour gonfler à bloc les voiles de l’imaginaire, cet air-là emmène par delà l’individu qui le reçoit, en ignorant les frontières du temps et de l’espace. Ce que l’on appelle « liberté d’expression » s’avère indispensable à ce stade, et je ne saurais suffisamment insister sur sa présence précieuse sans laquelle tout le processus se gripperait… 
(Il vous reste quinze jours pour participer au projet collectif sur MyMajorCompany « Anthologie pour la liberté d’expression »
  https://www.mymajorcompany.com/anthologie-pour-la-liberte-d-expression ! ;) ) 

Pour hisser la grand voile, pour tenter le grand voyage, il faut laisser la peur à quai…

N’allez pas croire pour autant que l’auteur se contente d’être un réceptacle passif ! C’est au moment où il est paré au décollage que le souffle vient de toute sa force mobiliser la fibre de l’écriture. Cette dernière constitue l’être profond de l’auteur et concerne parfois les générations précédentes ; quelles que soient les circonstances de l’arrivée en écriture, cette fibre se réveille et se révèle avec le souffle. De ce qu’une vie aura glané de joie, d’amour, de douleurs, de déceptions ou de passions, une partie sera donnée en pâture au monstre de papier, une partie seulement, ou pour être exacte un mélange de fragments, de sensations, de sentiments… L’inspiration se puise donc parmi cette collecte à partir d’une vie bien réelle…

lundi 1 février 2016

De l'indifférence à la critique acerbe...


Extrait du journal de bord

Un moment dont on ne parle pas souvent en tant qu'auteur est celui où le texte quitte le tiroir, l'ordinateur ou le classeur pour d'autres lieux, d'autres mains, d'autres yeux...
Rarement sans douleur, ce passage est aujourd'hui accéléré par les publications numériques de tout poil, donnant ainsi l'apparence trompeuse de la facilité.  Si le délai postal n'est plus de mise pour les nouveaux media, n'allez pas croire pour autant que l'exposition, et j'utilise volontairement ce terme réservé en d'autres temps aux peintres et illustrateurs, soit plus confortable. Ce ne sont en effet pas les affres de l'attente qui sont infernales, mais plutôt ce vide du post-partum, que connaît l'auteur une fois que l'oeuvre, même modeste, est accomplie ; autrement dit, on lance le bébé dans le bain de la grande incertitude... 
Lâcher le texte commis relève d'un acte de Foi que bien des lecteurs ignorent, celui de la croyance en l'écriture, en sa puissance et en son cheminement ! S'exposer aux critiques est sûrement moins difficile que d'affronter la belle indifférence généralisée que l'on rencontre parmi un public repu, saturé d'informations, de salons littéraires, et de nouveautés au marketing affûté. Pauvre auteur ! Que de déception alors que le texte est édité et que de retour, il n'y a point, même des soi-disant amis... Pauvre auteur ! Le texte n'est pas retenu ! Pauvre auteur encore ! On le malmène, on lui fait faux bond de tous côtés ! Et quand une critique arrive enfin, non argumentée, succincte et lapidaire, il continue d'écrire autre chose...
Alors que l'édition s'apparente au jour d'aujourd'hui au lancement d'une bouteille dans une mer déjà bien encombrée, l'auteur d'aujourd'hui doit avoir le coeur bien accroché, pour résister aux courants et vents contraires qui balayent le désir d'écrire d'un revers de plume...

mardi 12 janvier 2016

Le bouillonnement et l'émergence

Extrait du journal de bord

Ce truc vous embête... On dirait qu'aucun sujet ne sort du lot. Au lieu de ça, vous vous sentez constipé du clavier et de la souris, encombré des voies aériennes et le crâne lourd d'arrière-pensées ? C'est que ce bouquin que vous vous êtes décidés à écrire, ce n'est pas une mince affaire ! Vous avez affaire au bouillonnement ou soupe initiatrice des récits de fiction. Oui, je parle de ce gargouillis d'idées mal placées c'est-à-dire derrière la tête, dans une zone peu fréquentable qui ressemblerait aux limbes s'il n'y avait un ascenseur desservant les étages supérieurs, un magma prêt à jaillir mais qui pour l'heure encombre votre esprit...


Sachez qu'il s'agit d'un état normal, enfin pas vraiment, non, il s'agit plutôt d'un état préliminaire au processus créatif. Comme les premières amibes, les débuts d'oeuvres rampent hors du bain primordial où (il faut le dire) elles se vautraient depuis un bail.  Pour rejoindre la terre ferme, cela bataille sec entre rimes, vers (solidaires et non solitaires), bribes de récits, textes amorcés et autres déchets d'une vie littéraire antérieure. Rassurez-vous ! La sélection naturelle, ce concept darwinien, opère aussi pour ce qui a trait aux créatures et chimères de votre esprit. Bientôt, seules deux ou trois idées atteindront les franges de votre conscience à condition que vous prévoyez bien sûr un accueil digne de leurs promesses. Je veux juste vous inviter à sortir feuille blanche et stylo dans cette attente.

Après les balbutiements, laisser reposer un jour ou deux, pas plus, et surveiller la progression à feu doux de l'une des idées géniales ayant survécu... Non que ce ce soit une recette, mais bien plutôt une confiance astronomique en ce qui émerge de ce fameux bouillonnement ! 
A vous d'écrire !

mardi 3 novembre 2015

Dans l'air du temps...

Il y a ce doux frémissement des feuilles accumulées, non sur un bureau poussiéreux mais sur les bords des routes, sous les rameaux de plus en plus dénudés, autour des clochers... Le foisonnement orangé tel un manteau à poils de chameau rehaussé de pointes sanguines remplace les frondaisons de l'été lointain. Bientôt le vert sera une couleur morte car dénué de substance. Nous ne sommes pas encore à ce moment où le noir des branches luisantes de rosée l'emporte...  Pour l'heure, la seconde qui s'éternise, ce sont le cuivré, le doré et leurs variations sur la palette de l'automne qui s'imposent, s'étalant en un panorama de lumières changeantes. L'inspiration n'est plus littéraire, elle happe l'air frais et l'odeur humide des branchages en attendant... En attendant quoi ? La pluie glacée pour hâter la chute des rameaux ? Les rafales de vent qui poussent les feuilles à terre en d'éphémères collines ?  La nature expire avant le prochain souffle. Je soupire à l'idée d'une autre histoire, d'un nouveau chemin rocailleux ou lisse comme la peau d'un escargot...