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mardi 7 janvier 2025

Vœux d'espérance

Une nouvelle année démarre, et avec elle son cortège de souhaits, de résolutions, et de projections dans un avenir plus ou moins proche. Si je devais résumer en un mot, oui vous avez bien lu, un seul mot, ce que je vous (nous) souhaite, ce serait l'espérance. 

Ces dix lettres qui contiennent espoir et délivrance, nous entraînent vers la réalisation grâce à la confiance dans des jours meilleurs, ou en tout cas aussi bons que ceux qui les précèdent. Et cette confiance, n'est-ce pas là l'essentiel pour attendre ce qui adviendra ? Qu'il fasse nuit noire, orage ou désespoir, la conserver pour traverser les zones de turbulences. Et lorsque le cap est clair, et le calme installé, conserver le plus longtemps possible cet état d'esprit.

Vœux d'espérance à toutes et tous en 2025 !

 

 

 

lundi 3 octobre 2022

Embarqués

« Tous dans le même bateau ! » Expression courante pour indiquer le collectif, ces mots font aussi écho à la pensée écologique en se référant à la Terre en tant que vaisseau mère. Pourtant cette pensée de bon sens n’est pas intégrée par tous ; alors que l’évidence de notre échec à préserver la planète se fait de plus en plus jour, certains se croient encore hors de la mêlée, hors de portée. 


Le film Sans filtre (Triangle of Sadness) prolonge cette réflexion par le truchement d’une croisière aux antipodes du dépliant touristique. Des Happy Few qui surconsomment les richesses en ignorant les besoins des autres, cette fable outrancière décrit l’égoïsme de l’anthropocène à son apogée. Le récit met ainsi en évidence la disparition de la loi, de la justice sociale au profit du… profit justement. Le propriétaire du paquebot est en effet en grande partie responsable du naufrage de ce dernier. Le retour de la Nature en tant que dépositaire de la sagesse primaire, celle des besoins vitaux, vient ici dégager une morale cinglante ; pour survivre, les groupes humains ont besoin d’un leader mais celui-ci, homme ou femme, dirige en fonction de ses propres désirs. La loi du plus fort ou de la survie n’épargne personne et surtout pas les spectateurs embarqués dans ce condensé d’Histoire sociale qui les fait frémir pour l’avenir.



Loin de ces conditions extrêmes, la plupart d’entre nous aiment voyager, et pas seulement en bateau. Mais « Faut-il voyager pour être heureux ? ». L’exposition de la Fondation EDF explore la représentation de notre appétit de dépaysement et de mobilité dans un monde de plus en plus petit, au travers de sujets d'actualité comme la suite de la crise sanitaire ou le changement climatique. 

Entre récit sociologique et parcours imaginaire, Arrangement d’Ange Leccia avec ses soixante-dix globes illuminés nous interpelle sur la face éclairée de notre monde. L’artiste dont nous avions déjà apprécié  Jamais la mer ne se retire au Palais de Tokyo en 2014, réitère cette confrontation paradoxale du monde contemporain à la poésie. Son installation aussi simple (en apparence) qu’efficace nous parle aussi de notre émerveillement d’enfant face aux sphères éclairées. Démiurges à l’instar du Dictateur de Chaplin, les hommes aiment se croire les maîtres du monde et jouer avec ce ballon particulier. Autant de fantasmes de grandeur démultipliés pour une planète unique.



Il est des manières très différentes de percevoir notre réalité commune et d’habiter notre Terre. Pour chacun, la représentation de cette embarcation si particulière ne peut être que singulière et pourtant elle se nourrit de mythes et de symboles qui ont traversé les âges et les cultures, de l’arche de Noé au film Titanic. Leur déconstruction permet une sorte de retour aux sources du ou des sens. 
Certaines œuvres interpellent nos sensibilités pour ce voyage intemporel. Au jardin botanique d’Évreux, EOLE de Catherine Baas nous prend à bord. Entre cabane de Robinson et chaloupe abandonnée, cette œuvre in situ évoque tout à la fois le refuge et le naufrage. Qu’il soit terrestre ou marin, ce cabanon-bateau s’est visiblement échoué pour longtemps en terre normande. Déstructuré par la force des éléments, il s’adresse à notre imaginaire singulier et collectif en interrogeant la notion même d’habitat.  




« Tous dans le même bateau ! » Ce vaisseau mère regorgeant des ressources qui nous ont permis d’évoluer vers une interconnexion incroyable n’est autre que notre planète. Prendrons-nous la mesure des dangers qui menacent notre remarquable et unique embarcation ? Encore faut-il que les Terriens et Terriennes que nous sommes intègrent l’idée d’un destin collectif. Mais avons-nous le choix ? La conquête spatiale ne fera que reporter nos habitudes civilisationnelles ailleurs. Il est grand temps de réagir afin d’éviter le naufrage et d’offrir aux générations futures la possibilité de naviguer dans des eaux plus tranquilles.

 

Barbara Marshall (texte & photos)

 

 

Sans filtre (Triangle of Sadness)

Tous publics - 2022 ‧2h 20m

Palme d'Or au Festival de Cannes 2022.

De Ruben Östlund

 

FAUT-IL VOYAGER POUR ÊTRE HEUREUX ? 

20 mai 2022 - 29 janvier 2023

ESPACE FONDATION EDF, Paris

6 rue Juliette Récamier 75007 Paris

Entrée libre sur réservation

du mardi au dimanche de 12h à 19h (sauf jours fériés)


EOLE

Catherine Baas

Installation in situ pérenne du parcours de sculptures 2018

Jardin botanique 

Bd Gambetta, 27000 Évreux

Horaires du jardin
En semaine : 8h – 17h30 (20h d’avril à octobre)
Le week-end : 9h – 17h30 (20h d’avril à octobre)

samedi 18 juillet 2020

L'escapade du confiné


Le soleil criait aujourd'hui.

Déjà à 10h du matin, je commençais à étouffer.

La journée entre quatre murs a duré une éternité.


J 40 ou 42 de confinement,

j'ai perdu le compte du temps écoulé,

et là, je sens comme un accès de fièvre, de soif,

d'appétit immense.


Que le jour s'éteigne !

Ce soir, j'ai rendez-vous !

Masqué et surexcité, j'enfourche ma liberté à deux mains,

mon autorisation de sortie dans la poche.


Sur le boulevard, le bitume n'est plus gris,

il se drape de tous les feux de la ville.

Je roule avec mon Vélib vers Montparnasse.

Paris m'appelle de tous ses vœux en roue libre.


La tour se dresse comme un phare dans la ville déserte.

Je sens le vent de la vitesse, la fureur de la jeunesse.

Mes jambes pédalent sans effort.


Rue du Départ, j'ai continué sur ma lancée.

L'air frais me remplit d'une joie presque oubliée.

Rue de Rennes, j'ai dépassé le kilomètre fatidique,

mais c'est comme le rab, je me suis dis, ça ne fait pas de mal.


Je me ressers une louchée jusqu'à un Saint-Germain-des-Prés, vidé de ses touristes.

Et encore un peu d'air en pédalant vers le Nord. Cap vers la Seine !

Un pont vers un autre point de vue.


Je devrais hésiter à faire demi-tour mais mon corps s'en fout, je pédale de plus belle.

La Seine scintille. J'exulte.

Henri IV me fait de l'œil, Notre-Dame aussi.

Les berges, le flux, les souvenirs amoureux...


Les lumières du Paris de toujours, comme autant de rappels, d'hommages à la poésie.

Plus loin, quelques policiers apparaissent dans mon champ de vision.

Je les évite en bifurquant dans une rue transversale.

Comme un gamin pris la main dans le pot de confiture.

Pourtant mon motif n'est pas officiel : il est essentiel !

Loin de chez moi désormais, je respire à pleins poumons le plaisir de l'escapade.

Mon sang circule à nouveau, les idées, les sensations jaillissent à foison.

Bientôt la Pyramide.


Le Louvre m'accueille de ses mille ans d'Histoire.

Autant de temps, autant de témoins disparus, autant de traces conservées.

La vie passe, file entre mes roues.


Je suis hors-la-loi, 

l'appel est trop fort.

Je ne voulais pas être en retard.

La liberté n'attend pas.




Barbara Marshall

(Mai 2020)



Le texte mis en images et en musique sur CULTURAMA STUDIO...
Réalisation : José Man Lius
Poème : Barbara Marshall 
Sound design : Lanah Shaï
Assistant : Grigoriy Manucharian
Merci aussi aux voix qui ont sublimé les mots !
Comédienne : Émilie Benoît
Auteur : Philippe Roisse
Auteur : José Man Lius
Comédienne : Hiloë
Comédien : Garry Cadenat
Comédienne : Manon Korbut-Evesque


dimanche 16 février 2020

Faire corps de Adrien M & Claire B


Faire corps, c'est quand la lumière de l'été nous traverse du chant des cigales, ou que la mer nous ballotte dans un doux reflux. Nous nous accordons alors sans réflexion précise à la mesure des éléments naturels qui nous entourent, et nos mouvements suivent leur propre rythme dans un ensemble symphonique qui, à la fois nous dépasse, et nous relie.
Faire corps, c'est aussi à la Gaîté lyrique la nouvelle exposition-expérience de la compagnie Adrien M et Claire B, que l'on connaît pour ses spectacles et installations mêlant artisanat et dispositifs numériques, avec le développement sur-mesure d’outils informatiques. Si cette compagnie interroge le vivant et le mouvement dans ses multiples résonances avec la création graphique et numérique, le spectateur en retient un langage poétique visuel, associant imaginaire, réel et virtuel. Loin des spectacles Pixel et Le mouvement de l’air, la priorité ici est l'immersion associée à l'interaction. De leurs vrais noms, Claire Bardainne et Adrien Mondot, ces créatifs ont fait un sacré bout de chemin depuis XYZT – Les Paysages abstraits, exposition interactive créée en 2011.
 

A la Gaîté Lyrique, l'occasion est donnée au public de devenir acteur-spectateur de l'action-interaction-réaction du corps avec la lumière que cette dernière se présente sous forme de confettis, de batônnets ou de lettres, et en plus, de partager cette expérience collectivement. Des flots d'ombres et de lueurs nous entraînent vers les rivages inexplorés d'une nouvelle poétique.



Faire corps - Adrien M & Claire B - du 24 janvier au 3 mai 2020 (il vaut mieux réserver)
Un ensemble d'oeuvres immersives qui nous invitent à bouger, danser et interagir.
Du mardi au vendredi de 14h à 20h / Le samedi et dimanche de 12h à 19h / Nocturnes tous les jeudis jusqu'à 22h
 
Gaîté Lyrique
3 bis rue Papin 75003 Paris
Accueil : 01 53 01 52 00    contact@gaite-lyrique.net
Billetterie : 01 53 01 51 51  billetterie@gaite-lyrique.net



dimanche 20 mai 2018

Besoin d'un silence

Déferlant, lent à la fois,
Bourrasque indispensable, 
Ce silence-là, incommensurable, immémorial,
L’impensable chasse l’inutile.

Le bourdonnement des pensées, d’avant, d’après, 
Harassement des devoirs !
Cataractes et météores mentaux, sombres débris des regrets, 
Passez à la trappe !

Il se tient là, droit et vide, face aux coups et aux tentations,
Refuge et transfuge, trop simple pour la modernité,
Sans téléchargement, sans mise à jour, sans appel !
Il est en chacun le témoin de la présence pure.

Les branchages s’écartent avec la brise,
Le feuillage joue avec l’ombrage,
Vibration des échos de la mouche à l’hirondelle,
Au silence répond le chant de la terre.



Barbara Marshall

mardi 2 janvier 2018

Meilleurs Voeux 2018 du Scriptaire


 2017 s’évanouit sans bruit…


2018  découvre sa route.


Grand huit sans doute ?


Soupir d’une année, entrée de l’aînée.


Livre à peine éclos des mers incertaines :

Féeries en échos ou vilaines chimères ?


Des pages en huis clos pour scribes tâcherons,

Des vies et des nuits pour vaillants matelots.


Barques minuscules glissant sur le néant

Affrontant l’océan avant le crépuscule.


Grande Roue étoilée pour brasser nos désirs,

Petite Ourse voilée des rêves d’élixir.


Grand huit sans doute ?

jeudi 1 décembre 2016

Texte de La danse écarlate - PROJET GRAPHIQUE & POÉTIQUE


La danse écarlate


Traces rubicondes
Des fous rires, des sourires,
Chagrin et plaisir,
Des douleurs et douceurs.

Traversées insolentes
D’un soleil rouge
Dans la lueur ou la noirceur
Des jours écoulés.

Déchirures sanguines
Marquant de leur sceau
Les figures de vie
Et leur transe éphémère…

L’invisible émerge ainsi
Reliant points et nuées,
Envolées et retours,
Plaies et cicatrices.

Cette voilette de braises
Aux dix mille pupilles
Déposés sur les cendres
Des arbres à venir !

De quelle force nous saisis-tu ?
D’un fil aussi ténu que vif,
Surgi de l’improbable,

Tendu vers le possible ?

Barbara Marshall



Livre réalisé en collaboration avec Sandrine Bridier

vendredi 18 novembre 2016

En nuées dénudées...

Sur le versant poétique de l'écriture, il m'arrive de vagabonder et de découvrir d'autres rivages. C'est le cas de ma collaboration avec Sandrine Bridier qui a abouti à ce beau livre en quête d'éditeur (à bon entendeur... ;-)). 
Ci-dessous quelques extraits choisis :




En nuées dénudées...  Ouvrage de résonnances graphico-poétiques, présenté au salon Multiples de Morlaix consacré aux livres d'artiste ces 12 et 13 novembre 2016.

A commander auprès de Sandrine Bridier : sandrinebridier@free.fr

mardi 15 novembre 2016

La danse écarlate

La poésie était à l'honneur au salon Multiples de Morlaix consacré aux livres d'artiste ces 12 et 13 novembre 2016.
A cette occasion, le travail que j'ai réalisé avec Sandrine Bridier était présenté.



En nuées dénudées...  et  La danse écarlate  : deux livres de résonnances graphico-poétiques, deux exemplaires uniques ou presque, à commander auprès de Sandrine Bridier sandrinebridier@free.fr



mardi 1 novembre 2016

Présence au salon Multiples de Morlaix

Je présenterai à Morlaix dans ce très beau salon consacré aux livres d'artiste les fruits de ma collaboration avec Sandrine Bridier.

En nuées dénudées...  et  La danse écarlate  : deux livres de résonnances graphique-poétiques, deux exemplaires uniques qui attendent vos pré-commandes pour poursuivre leur jeune existence...





Pour en savoir plus sur le salon...